Porsche - Martini Racing

Martini Racing

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Bref arrêt aux stands pour un petit shooting

René Auinger vit à fond sa passion pour Martini et le sport automobile grâce au Porsche Driver’s Challenge. Visite au Castellet.

Le Castellet, fin mai. Le Circuit Paul Ricard, en plein cœur de la Provence, est déjà fort animé à huit heures du matin. Dans le paddock, les camions s’alignent. Les équipes suisses sont préparées pour le week-end. Pour la troisième fois de l’année, le Porsche Sports Cup Suisse est au programme. Répartis en différentes catégories, les clients Porsche s’affrontent au volant de leur propre véhicule, qu’il s’agisse de voitures homologuées pour la circulation ou des modèles récents de 991 GT3 Cup pour le GT3 Cup Challenge.

René Auinger est l’un d’entre eux. Cet entrepreneur de 41 ans, originaire de Zurich, participe au Porsche Driver’s Challenge (PDC), en quelque sorte la catégorie des débutants. L’épreuve est disputée par des véhicules homologués qui doivent réaliser des tours de la manière la plus régulière possible, tandis que les manœuvres de dépassement coûtent du temps et pèsent sur la moyenne qui au final, conformément au tour de référence, déterminera le vainqueur. René Auinger, novice sur le circuit et fan de Martini, explique sa motivation : « J’y vais tout doucement, je suis nouveau. Étape par étape. Cette année et l’année prochaine, je participerai au PDC. Je le fais pour le plaisir, il n’y a aucun enjeu. »

Sa 911 GT3 aux couleurs de Martini est dans son box, prête à bondir. Les mécaniciens se sont contentés de modifier la pression des pneus, après les 780 km parcourus par René pour se rendre de Zurich en Provence. René met son casque (look Martini, comme il se doit) et enfile ses gants. Sur sa combinaison de pilote, « Martini Racing » s’étale sur sa poitrine. Sourire aux lèvres, il s’assied au volant – et c’est parti : ce vendredi, le programme prévoit cinq essais de 30 minutes chacun sur le circuit de 5,81 km. Pour de nombreux participants, c’est une bonne occasion de se familiariser avec le véhicule et la piste. Quant aux plus aguerris, ils prennent tout simplement leur pied, ou tentent d’améliorer leur trajectoire idéale.

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La 991 GT3 look Martini de René sur le Circuit Paul Ricard

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Le plaisir se lit sur le visage de René

René n’est de la partie que depuis peu. Son enthousiasme pour le sport automobile est né il y a deux ans. Il a commencé par participer à divers Track Days, tout d’abord avec la 997 GT3, puis avec la GT3 actuelle de la génération 911. Cela l’a amené à rouler sur une dizaine de circuits différents, à connaître peu à peu la voiture, la piste et le comportement idéal sur circuit, et finalement, il a décidé de participer au Porsche Driver’s Challenge de la Porsche Sports Cup Suisse. Son amour de la vitesse ne date pas d’hier. « Avant, je participais à des compétitions de snowboard et de ski, aujourd’hui je suis un peu plus vieux, donc il me faut un moteur pour être rapide », plaisante-t-il.

Il y a dix ans, René s’est acheté un Boxster S couleur argent : « Il faut toujours commencer modestement pour pouvoir ensuite monter en puissance », dit-il pour retracer son passé Porsche. Sa deuxième Porsche a été une 911 Turbo Cabriolet, puis il s’est converti à la GT3, la voiture des puristes, avec moteur atmosphérique. « Pour moi, la Porsche GT3 est la voiture de circuit par excellence. Bien entendu, j’utilise aussi ce véhicule le week-end, pour mes déplacements personnels, et je suis aussi l’un des rares à être venu jusqu’ici à son volant. C’est une voiture de course, mais elle est homologuée pour la route. » Pour René, aucune autre course n’entrait donc en ligne de compte. C’était la Porsche Sports Cup Suisse ou rien.

Ce championnat est disputé depuis 28 ans et existe sous sa forme actuelle depuis sept ans. Chaque année, cette course Porsche est officiellement initiée par la Fédération des Clubs Porsche Suisse (FCPS). Différents clubs Porsche sont alors nommés responsables de l’organisation des week-ends de course. Ce week-end, c’est le Porsche Club Genève qui organise la course au Castellet. Pour participer à toute la série, une licence de course est nécessaire, mais une licence régionale suffit pour prendre le départ du Driver’s Challenge. Pour participer à la Porsche Sports Cup et à la Porsche Super Sports Cup, il faut une licence de course nationale, qui nécessite une formation. La Fédération exige aussi que l’on soit membre de l’un des 30 Clubs Porsche qui compte environ 1 200 membres en Suisse. Le premier Club Porsche suisse officiel a été fondé le 11 décembre 1953 à Berne.

Daniel Lang, président du nouveau Porsche Club Zürichsee, partage l’enthousiasme de René pour le sport automobile. Il est d’ailleurs venu avec lui. Les deux hommes ont associé ce week-end à une dégustation de vin et de bons repas, car la course ne fait pas tout : pour les pilotes amateurs, les activités annexes comptent tout autant. On le constate d’ailleurs lors du traditionnel barbecue où tous les participants sont conviés la veille de la course. Les mécaniciens, les équipes et les pilotes passent alors un bon moment ensemble, tous discutent, les conducteurs expérimentés sont contents de voir arriver de nouvelles têtes et ne rechignent pas à donner quelques conseils pour trouver la trajectoire idéale.

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Le 85, son nombre fétiche, a dû exceptionnellement céder la place au numéro de départ

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Au Castellet, René se sent en sécurité au volant : le circuit comporte de nombreuses zones de dégagement

René a le visage rayonnant : ses cinq sessions d’entraînement lui ont demandé une concentration extrême, mais lui ont aussi apporté beaucoup de plaisir. Il est désormais fin prêt pour la journée de qualification et de course qui l’attend. Le parcours a beau être rapide, il tolère certaines erreurs. Les zones de dégagement y sont pour beaucoup dans le sentiment de sécurité qu’ont ici les pilotes, et dans le fait que les véhicules ne sont pas tout de suite abîmés. « Quand on roule tout droit, ou quand quelque chose arrive, il n’y a pas tout de suite un mur en face. À vrai dire, en général, je préfère les courbes, ça doit venir des compétitions de ski, et ça me correspond mieux, je dois d’abord m’habituer doucement aux vitesses élevées », résume René.

Dans les catégories supérieures, le bilan est tout autre. Ici, les pilotes ont de vraies ambitions professionnelles. Pour Jean-Paul von Burg, tenant du titre et favori pour la victoire finale du GT3 Cup Challenge, chaque centième de seconde compte – à une vitesse maximale, s’entend. Souvent, lorsque le temps est changeant, c’est le choix des pneus qui décide de l’issue de la course, comme cela a été le cas lors de la deuxième course à Mugello. Von Burg a dû céder la victoire à un autre pilote dans l’un des sprints. Mais ce week-end-là, les températures sont plus qu’estivales et tous les pilotes ont opté pour des slicks. René n’en est pas là : « Le GT3 Cup Challenge, ce sont des pros avec des années d’expérience, moi je fais mes premiers pas dans cet univers. Je veux que ma voiture reste entière et faire une bonne saison. »

La saison de courses se compose de six manches disputées sur les circuits de Misano, Mugello, Le Castellet, Dijon, Imola et pour finir Magny-Cours. René participe à toutes, ce qui représente environ 30 jours dans l’année que l’entrepreneur consacre à son hobby. Il attache beaucoup d’importance à sa passion, et sa femme se montre compréhensive, d’ailleurs elle l’accompagne parfois, quand elle-même n’a pas un tournoi de tennis.

Les essais de qualification se passent bien. René prend le départ de la course avec un meilleur temps au tour de 2:30,048 minutes, ce qui le place en sixième position. Bien sûr, un monde le sépare du GT3 Cup Challenge, où le meilleur temps de qualification revient à Jean-Paul von Burg avec 2:11,403 minutes. À 14h30, enfin, le grand moment arrive : on donne le coup d’envoi du Porsche Driver’s Challenge. Sur dix tours, René tente d’effectuer le parcours en un temps rigoureusement identique. Et les résultats sont là : René se classe sixième sur douze pilotes. Vite, il troque sa combinaison de course contre sa tenue Porsche estampillée Martini. Les couleurs lui plaisent autant que le design. Comme sa plaque d’immatriculation comporte un numéro 85, tout doit être brodé en extra, avoue ce fan de Martini.

Épuisé mais manifestement heureux, il remonte après la remise des prix dans sa GT3 pour prendre la route du retour. Direction Zurich. Et jusqu’à la prochaine course, il devra se contenter de son bateau de plaisance du constructeur Stingray pour savourer quelques pointes de vitesse : à son bord, il peut tout de même pousser jusqu’à 100 km/h sur le lac de Zurich.

Texte Sophie Tanner
Photos Dirk Michael Deckbar