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Archive 2008

 « Le respect de l’environnement: une seconde nature pour Porsche »Interview avec Detlev von Platen, Directeur Général Porsche France

Cayenne Hybrid, système Flex-Fuel, respect des normes antipollution Euro6 qui n’entreront en vigueur qu’en… septembre 2014. Les ingénieurs de Stuttgart n’ont pas attendu que le respect de l’environnement devienne un enjeu mondial pour prendre soin de la planète. Detlev von Platen, Directeur Général de Porsche France, fait le point sur les performances environnementales de la gamme Porsche.

On évoque souvent l’automobile comme source du réchauffement climatique. Comment réagissez-vous ?

Detlev von Platen : Ce n’est évidemment pas faux. Mais un point me gêne : à entendre d’une oreille distraite les commentaires sur le sujet, on a l’impression que le réchauffement climatique est imputable à la seule circulation automobile. De vous à moi, j’aimerais qu’il en soit ainsi ; le problème serait vite résolu. Malheureusement, sur l’ensemble des rejets mondiaux de CO2 provenant des activités humaines : les voitures particulières ne sont responsables que de 12 %, loin derrière l’énergie dépensée pour notre habitat (23 %) ou encore, l’industrie (26 %). Certains se plaisent à laisser penser que Porsche fait partie des « moins bons élèves »…
Je vais vous raconter une histoire. Un ami roulant en Cayenne m’a dit un jour : « Mon fils est revenu de l’école et m’a demandé de laisser la voiture au garage car nous allions faire disparaître la banquise et tuer l’ours polaire. » J’ai des enfants. J’ai envie, comme tout habitant de cette planète, de leur léguer un monde dans lequel ils pourront s’épanouir et continuer de rêver. Mieux, je  rejoins à 100 % les arguments de ceux qui disent « les entreprises industrielles doivent non plus s’adapter, mais anticiper. » Chez Porsche, c’est ce que nous avons toujours fait, bien avant que le sujet ne devienne un enjeu majeur et soit débattu politiquement.

Et pourtant, si nous étions cyniques, nous pourrions nous exonérer de cette tâche. Un seul exemple. En France, sur les 30 millions de véhicules actuellement en circulation, on dénombre environ 50 000 Porsche dont un grand nombre roulent peu. En clair : nous représentons 0,17 % du parc national et nos émissions de CO2 représentent à peine 0,1 % du total émis par la circulation routière hexagonale… Qui se préoccuperait d’un problème alors qu’il y contribue à hauteur de 0,1 % ? Et bien, malgré cette proportion infime, je veux dire à mon ami que nous continuerons à innover et à faire bénéficier l’ensemble de l’industrie automobile de nos avancées technologiques. Nos ingénieurs en sont garants et travaillent depuis toujours à améliorer le rendement environnemental de nos automobiles, et cela, dans des proportions peu connues du grand public. Porsche a toujours été un prescripteur dans ce domaine et nous le resterons.

Est-ce que vous pouvez donner des exemples concrets ?

Certains diront peut-être qu’il s’agit d’un argument marketing… mais la toute première voiture portant le nom Porsche fonctionnait à l’essence et à… l’électricité. En d’autres termes : la Lohner-Porsche de 1900 était le premier véhicule hybride de l’histoire ! Pensez également que dès 1966, nous avons été les premiers – à notre demande – à faire tester nos gaz d’échappement. Cela a d’ailleurs valu à Porsche d’être le premier constructeur automobile européen à recevoir la licence de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA). Pionniers, nous l’avons été aussi en 1987 lorsque nous avons équipé nos modèles de catalyseurs (trois ans avant qu’ils ne deviennent obligatoires) et imposé des peintures respectueuses de l’environnement. Idem en 1994, quand nous avons soumis à l’approbation d’experts en environnement le site de production historique de la marque à Zuffenhausen et obtenu leur certification (Directive UE 1883/93 ; les spécialistes comprendront) et je passe sur le titre de « Monsieur Propre », attribué à la 911 Turbo en 1995. Le modèle le plus puissant et le plus emblématique de la marque se voyait alors récompensé pour son système OBDII permettant un contrôle permanent des gaz d’échappement.
Mais à l’époque, cela intéressait beaucoup moins de monde.

Certains reprochent à Porsche le haut niveau de rejets de CO2 de ses modèles …

Porsche est une marque sportive constituée uniquement de modèles au plaisir de conduire légendaire.

Nos émissions de CO2 sont naturellement plus élevées qu’une marque dont la gamme est composée de citadines se contentant de quelques chevaux pour vous transporter d’un point A à un point B, sans autre émotion… Toutefois, malgré ce désavantage tenant à la philosophie même des Porsche, nos performances environnementales réservent des surprises, de belles surprises.

Belles intentions, mais est-ce que vous pouvez donner des
exemples ?

Trois illustrations. La première concerne la mythique 911. Depuis sa naissance, nous avons réduit de plus de 95 % ses émissions polluantes (HC, CO et Nox) et diminué d’un tiers sa consommation alors que, dans le même temps, nous avons augmenté sa puissance de 150 % ! Ensuite, et aussi étonnant que cela puisse paraître, proportionnellement à leur puissance motrice (g de CO2 rejeté/ km/ch) nos modèles font parties des plus… vertueux. Concrètement, cela signifie que si l’on ramenait la puissance d’une 911 (325 ch pour 266 g de CO2/km) à celle d’une berline compacte de 135 ch, les rejets en CO2 de notre 911 théoriquement « dégonflée » serait proche de 110 g ; contre 191 g de CO2/km revendiqués par la berline en question ! Enfin, toute la gamme, du Cayman à la GT2, se conforme dès 2008 aux normes antipollution EURO5 et EURO6 qui n’entreront respectivement en vigueur qu’en 2009 et 2014. Une performance que bien des constructeurs, même généralistes, nous envient.

Par ailleurs, la technologie Porsche laisse manifestement entrevoir des résultats spectaculaires dans les mois qui viennent ?

Nous nous sommes, en effet, engagés à réduire de 20 % toutes nos consommations de carburant entre 1995 et 2012. Ce type de promesse ne se prend pas à la légère. Un exemple : en quatre ans et grâce à l’injection directe d’essence (DFI), nous avons diminué la consommation du Cayenne de 15 %. Et cette technique n’en est qu’une parmi d’autres. Sachez ainsi que tous nos moteurs, sans exception, acceptent d’ores et déjà des mélanges de carburant contenant 10 % d’éthanol (autrement appelé « essence bio » car renouvelable et extraite des plantes). Sur le Cayenne, ce pourcentage est même porté à 25 %. Et ce n’est qu’un début, puisque notre bureau d’études travaille en ce moment même à la mise au point d’un moteur Flex-Fuel (capable de rouler indifféremment à l’essence ou à l’éthanol E85).

Et avec le Cayenne Hybrid est ce que vous n’allez pas à l’encontre de votre philosophie ?

D’ici à la fin de la décennie, le Cayenne existera effectivement en version Hybrid. Le temps pour nous de peaufiner, non pas ses performances écologiques – moins de 9 l /100 km sont d’ores et déjà acquis – mais de satisfaire les metteurs au point en terme de « magie Porsche ». Car, quoi qu’il arrive, nous demeurons des passionnés viscéralement attachés au caractère exclusif et sportif de nos modèles. Cela signifie que, contrairement à une idée reçue, quand nous travaillons à rendre la planète plus propre, nous ne travaillons pas à la réduction du rêve Porsche. C’est même totalement l’inverse ! J’en veux pour preuve la dernière 911, l’ultime GT2. Jamais une Porsche n’a été aussi passionnante et enthousiasmante – 530 ch et de 0 à 100 km/h en 3,7 secondes – et pourtant sa consommation (12,5 l/100 km en cycle mixte) comme ses rejets de CO2 (298 g/km) sont inférieurs à ceux de concurrentes deux fois moins puissantes. Vous comprenez que pour Porsche, le progrès technologique n’est pas un vain mot. En tout cas, voilà comment nous concevons l’avenir, un bel avenir.

Nota : Pour plus d’informations veuillez contacter le Service de Presse Porsche France au 01 55 19 91 40.

3/20/2008